Les questionnements sur l'arrivée des intelligences artificielles dans nos sociétés posent énormément de questions à tous les niveaux, economiques, sociaux, juridiques,...
Dans le secteur du coaching, mais aussi dans la plupart des métiers intellectuels, la question "Ce métier va t-il disparaitre ?" a été une des premières lachée auprès de professionnels sans connaissances véritables de la technologie. De quoi faire peur.
Comme toutes technologies, l'IA comporte son lot de craintes et de croyances amenant souvent de la résistance forte à ce changement. L'IA a ses défauts et ses impacts sur nos sociétés tels que l'imprimerie, le web, le jeu vidéo, les réseaux sociaux et autres évolutions technologiques ont pu avoir.
En face de cela se pose la question de la conscience que l'on met face aux technologie. La developpement de conscience face aux développement des technologie est un des sujets phares de la philosophie de la technologie.
Une des analyses mettant en face technologie et conscience peut être établie à travers le Quadrant de Prométhée, croisant conscience et technologie. Prométhée dans la mythologie donna le feu, outil divin, aux humains, sans qu'ils aient moyen de le maitriser.
le choc IA / métiers de l’humain
L’arrivée des intelligences artificielles génératives a provoqué un véritable choc dans les métiers de l’humain : coaching, thérapie, formation, conseil. En quelques mois, une question est devenue omniprésente : « Est-ce que mon métier va disparaître ? » Cette question est d’autant plus anxiogène qu’elle est souvent posée par des professionnels qui n’ont ni le temps ni l’envie de devenir des experts techniques de l’IA.
Comme pour l’imprimerie, le web ou les réseaux sociaux, l’IA concentre à la fois des promesses immenses et des menaces bien réelles. Entre fantasmes d’apocalypse technologique et discours marketing triomphants, il devient difficile de se situer et de décider en conscience comment l’utiliser. C’est précisément là qu’un outil de lecture comme la matrice de Prométhée peut redonner du discernement, du recul, et une forme de pouvoir d’agir face à ces technologies.
Pourquoi parler de conscience quand on parle de technologie ?
Dans la plupart des discours grand public, la technologie est présentée comme une force neutre qui « avance » et à laquelle il faudrait simplement s’adapter. Or l’histoire montre que ce ne sont pas les technologies en elles-mêmes qui déterminent l’avenir, mais l’usage que nous en faisons, les valeurs qui les guident et les institutions qui les encadrent.
Les craintes que l'on peut lire ici ou là reflètent un manque de confiance marqué envers la nature humaine. "Nous allons à la catastrophe écologique" renvoie à la capacité de l'être humain a prendre ses responsabilités dans un contexte sociétal ou nous avons découvert notre impact écologique et dans lequel nous peinons à mettre en oeuvre les actions pour y remédier. "L'IA est source de dette cognitive et sa production va appauvrir le savoir" (voir la notion de slop, dans la production de contenu par l'IA). Ici la capacité de l'homme et de son jugement éthique et de sa conscience morale est mise à mal. Sous-entendu, l'homme ne sait pas distinguer le bien du mal.
La puissance des oppositions à l'IA dans notre monde se heurte enfin à notre liberté. En refusant le risque de catastrophe, notre monde s'empêche la liberté, car l'être humain libre agit pour créer mais paradoxalement détruire, idée chère à Schumpeter, auteur de la théorie de la destruction créatrice, au début du XXe siècle. L'IA peut détruire en effet... des emplois, la planète, l'environnement, internet lui même. Et elle pourra certainement créer, avec conscience.
La philosophie de la technologie invite justement à regarder la montée en puissance des outils (ici l’IA) en miroir de la montée en puissance de notre conscience : conscience éthique, politique, écologique, relationnelle.
Pour Hans Jonas, philosophe ayant introduit le concept de responsabilité des générations présentes vis-à-vis des générations futures, et qui sera à la base des principes de développement durable, la technologie qui comporte le risque de détruire l'humanité ou ce qui fait que l'être humain doit exister doit être interdite. Ce qui fait que l'être humaindoit exister ? Ce qu'il mets derrière nous donne un cadre intéressant pour envisager l'IA
- La capacité de responsabilité : L’homme est le seul être connu capable de se projeter dans l’avenir et d’assumer la responsabilité de ses actes.
- La conscience morale : L’humain possède une faculté de jugement éthique ( bien/mal, respect de valeurs)
- La liberté : l'être humain est libre d'agir et de détruire, d'ou la nécessite d'une éthique et d'un cadre à la liberté.
- La capacité à donner du sens : l'être humain crée, symbolise, donne du sens. Sans lui, le monde est dépourvu de ce concept.
Prométhée, dans la mythologie, donne le feu à l’humanité sans lui transmettre la sagesse nécessaire pour le maîtriser : c’est exactement la tension que nous revivons aujourd’hui avec l’IA. La question n’est donc pas seulement « que peut faire l’IA ? » mais « dans quel état de conscience allons-nous l’utiliser ? » Comment utiliser l'IA en nourrissant ce qui fait que l'être humain doit exister?
la matrice de Prométhée
On peut représenter cette tension à travers une matrice très simple, avec deux axes : en vertical, le niveau de puissance technologique de l’IA, et en horizontal, le niveau de conscience éthique que nous mettons dans son usage. En croisant ces deux dimensions, on obtient quatre quadrants qui racontent quatre histoires possibles de notre rapport à l’IA. Cette matrice ayant un but pédagogique, les indicateurs de mesure de conscience éthique et de la puissance de l'IA n'ont pas été définis concrètement, il s'agit donc d'une représentation intellectuelle visant la réflexion. De plus cette matrice adopte une définition de la conscience éthique issue de valeur occidentale... D'autres cultures pourraient définir cette conscience sur différents critères (sécurité nationale, harmonie collective stabilité sociale,...)
La matrice de Prométhée ne cherche pas à prédire l’avenir mais à rendre visible notre positionnement présent. Elle nous invite à nous demander : dans quel quadrant suis-je en train de jouer aujourd’hui, individuellement (comme professionnel) et collectivement (comme organisation, secteur, société) ?
Crédit photo de couverture : Image représentant Prométhée donnant le feu aux humains, crée à l'aide de l'IA
Notice IA : ce contenu a été élaboré en collaboration avec un système d’intelligence artificielle utilisé comme outil d’appui à la réflexion, à la structuration et à la reformulation. Les choix d’orientation, d’analyse, de validation et de publication relèvent de l’auteur.